| Sisi, je m'en souviens très bien... |
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''- Oui, t'as dit ça!
- Non, j'ai jamais dit ça! - Si t'as fait ça! - tu psychotes, ouais, jamais d'ma vie!''... Mais vos souvenirs sont-ils exacts? Pouvez-vous leur faire confiance, réellement? Cela arrive quand même assez souvent, ce genre de disputes ou de conflits. Chacun est sûr de ce qu'il a fait ou non, les deux sont pas d'accord. Pourtant, il existe une et une seule réalité (toute réflexion quantique gardée), comment se fait-il qu'on puisse être aussi sûr d'un fait inexact? Faux témoignage ou simple interférence entre mémoire et langage ? 1986, une nurse du nom de Nadean Cool consulte afin de se débarraser de souvenir d'un événement traumatique. Lors des seances, Le psychiatre use de suggestion et d'hypnose pour l'aider à se souvenir de cet événement. Les séances prennent une tournure étrange lorsque Nadean se rend compte qu'au fur et à mesure de la thérapies, elle se souvient d'événements ahurissants. Elle se rapelle avoir participé à des cultes sataniques, avoir assisté au meurtre de son petit ami de 18 ans, avoir eu des rapports sexuels avec des animaux, avoir été violée plusieurs fois, et avoir manger des bébés humains... Elle en est convaincue. Le temps la fait enfin douter, elle attaque son psychiatre en justice pour lui avoir implanté de faux souvenir par suggestion. Le jury lui accordera 2,4 millions de dollars de dommages et interêts. Nadean n'est pas seule à avoir développé de faux souvenirs lors d'une thérapie de ce type, c'est-à-dire, une thérapie lors de laquelle le thérapeute pose des questions au patient. 1992. Dans le Missouri, un conseiller d'église aide une jeune femme, du nom de Beth Rutherford, à se souvenir des événements traumatiques de son enfance. Beth se souvient alors avoir été violée par son père, un homme d'église, lorsqu'elle avait entre 7 et 14 ans, ceci à plusieurs reprises, et parfois avec l'aide de sa propre mère... Lorsque les allégations furent rendue publiques, le père fut bien entendu excommunié. Des examens médicaux ultérieurs révélèrent cependant la virginité, à 22 ans, de Beth... Il y'a quelques années, un psychiatre du Minessota fut condamné pour avoir induit chez deux de ces patientes des faux souvenirs, sous hypnose et sous l'effet d'amytal de sodium (ce produit "endort" le cerveau) Récemment, le procès d'Outreau et le fiasco judiciaire qui en résulte nous montrent combien la mémoire est fragile, d'autant plus pour les enfants. De simples questions peuvent non seulement orienter la réponse, mais également induire de réels "faux souvenirs" chez les patients. Le témoignage, la parole de chacun, sont aussi fragiles que la fonction cognitive qui la sous-tend : la Mémoire. Lors d'une expérience simple, Leippe et ses collaborateurs montraient en 1978 qu'une photo présentée pendant quelques dizaines de secondes ne laissait pas une trace précise en mémoire. Un tiers des sujets testés reconnurent le visage de la photo parmis d'autres photos de visage. Un autre tiers ne réussit aucune identification... Le tiers restant fit carrément une fausse identification, convaincus de la justesse de leur mémoire. Des expériences similaires ont montré combien les souvenirs sont liés aux attentes, attitudes ou pensées du témoin : un raciste aura "reconnu" un étranger. Un obsédé aura plus de chance de développer un faux souvenir d'une agression sexuelle, tandis qu'un homme d'église (ok, l'exemple est, pour certains, mauvais) aura du mal à interprêter une scène de viol, par exemple, vue dans le noir, comme une agression sexuelle. Il est également établi que les souvenirs de scènes vécues rapidement peut présenter de nombreuses lacunes. Si l'histoire ou la scène dont se souvient le témoin présente des lacunes, il va inconsciemment les combler avec des morceaux de souvenirs antérieurs. Le souvenir aura pour lui la valeur d'événenement réellement vécu, alors qu'il sera bien différent de ce qui s'est réellement passé. Le témoin n'est pas toujours en cause. Par de simples questions, on peut modifier la mémoire d'un sujet, distordre ses souvenirs par les suggestions volontairement ou involontairement induites par les questions. A ce sujet, Elizabeth Loftus est un des chercheurs ayant à son actif le plus d'expérimentation qui en traite, en voici une datant de 1979 : Loftus montra un film à des sujets, présentant un accident de voiture (deux voitures entrent en collision). A certains sujets pris au hasard, elle demanda "A quelle vitesse roulaient les voitures lorsqu'elles sont entrées en collision?". A d'autres, elle questionna : "A quelle vitesse roulaient les voitures lorsqu'elles se sont heurtées?". Etrangement, les sujets du premier groupe estimaient que les voitures roulaient beaucoup plus vite que leur collègues du second groupe, qui avaient pourtant vu le même film... Mieux : une semaine plus tard, Loftus demanda aux sujets s'il y'avait beaucoup de verre brisé sur les lieux de l'accident. beaucoup des sujets du premier groupe répondirent par l'affirmative, et quelques-uns seulement l'affirmèrent également dans le second groupe. Cela était d'autant plus étonnant qu'il n'y avait pas du tout de verre brisé dans la scène présentée... Autrement dit, il est possible, par l'intervention du langage (en posant une question d'une façon plutôt qu'une autre, même si les deux se ressemblent) d'influencer après coup les perceptions et les souvenirs qu'on en a. Certaines suggestions (ici, "collision" possède une connotation plus violente que "heurter"), involontaires ou non, présentées dans les questions peuvent induire l'apparition de "faux souvenirs" A suivre ;) |
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