| Crazy or not crazy? |
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D'ordinaire, les psys utilisent les étudiants de psys comme cobayes... Cette fois-ci, à l'image du serent d'Ourobouros (celui qui se mort la queue, ouch!), les psys testent les psys. Le comble du comble, quoi...
Voilà l'histoire telle qu'elle s'est passée. Depuis la synthèse de la chlorpromazine, le premier psychotrope synthétisé, en 1952, la psychiatrie a subi de profonds changements et une explosion de la médication lors de traitement de troubles mentaux. Pour cette raison et également à cause des abus précédents qui ont pu être réalisés, un mouvement d'anti-psychitrie est né et prônait la compréhension du patient et son écoute avant tout. Ce mouvement est à l'origine de cette merveilleuse expérience de Rosenham : Les 8 pseudo-patients qui se sont prêtés à l'expérience formaient un groupe hétérogène : l'un était un étudiant de psychologie d'une vingtaine d'année, les septs autres étaient plus agés (trois psychologues, un pédiatre, un psychiatre, une mère de famille et un peintre. Trois femmes et 5 hommes. Ces pseudo patients ont effectivement eu pour consigne de dire lors de leur premier entretien avec un professionnel, qu'ils entendaient des "voix". Or ce symptôme se rencontre souvent dans la schizophrénie, certains le considèrent d'ailleurs, hors prise d'hallucinogènes, comme un symptôme pathognomonique (c'est-à-dire caractéristique de la schizophrénie, et de elle seule). enfin breeeeeeeeeef. Les pseudos patients ont été transféré alors dans des centres spécialisés (plus ou moins des asiles, en quelque sorte), dans lesquels ils avaient pour consigne, une fois arrivé, de se comporter normalement, arrêter de simuler les légers symptômes présentés lors de l'entretien... l'expérience dura sept jours pour certains, 52 pour d'autres oO, avant qu'ils ne soient "libérés" avec un diagnostique de "schizophrénie en rémission" (pour info, rappelons que la schizophrénie est incurable pour le moment :/ ). Il a même fallu, pour les derniers, que les premiers sortis usent de leur autorité pour faire sortir leurs collègues (est-ce une légende?) d'autres phénomènes ont été observés lors de cette étude : 38 des 118 vrais patients, qui cotoyaient le faux, lui ont tenu des propos comme "vous n'êtes pas malade!", "vous faites semblant!" ou "vous devez être un journaliste, ou un docteur qui vérifie les institutions comme celle où nous nous trouvons?". De fait, alors que le personnel ne voyait pas la simulation des faux patients à l'entretien et la normalté de leur comportement dans l'institution, les vrais patients, eux, les reconnaissaient plutôt bien (si l'on tient compte du fait que sur les vrais patients restants, tous n'ont pas forcément les capacités mentales pour raisonner ou reconnaître de telles simulations en situation normale). Rosenham suggère qu'en collant d'emblée l'étiquette "schizophrène" à un pseudo patient, le personnel a par la suite interprété des comportements de ceux-ci comme étant démonstrateurs de leur trouble. Telle comportement étrange, mais qui aurait pu être adopté par une personne "saine", devenait alors un indice prouvant la schizophrénie du pseudo-patient. Aucun d'ailleurs, n'est ressorti avec un diagnostique de simulation, mais bel et bien de schizophrénie en rémission... Coller des étiquettes sur les gens, c'est développer des attentes vis-à-vis d'eux, et en développant ces attentes, on se forge des préjugés qui vont distordre nos perceptions en fonction de ces attentes... il semblerait que cette expérience, selon Rosenham, en soit un indice concluant. En tout cas, cela donne à réfléchir... Source : David L. Rosenham, “On Being Sane in Insane Places,” Science, Vol. 179 (Jan. 1973), 250-258. |
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