| ... euh, de quoi, déjà? |
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A la suite d'un premier post traitant des faux souvenirs, voici la présentation de deux expériences assez fortes, qui montrent deux exemples de modifications de souvenirs grâce à la seule manière de présenter les questions...
Loftus, toujours en 1979, fit visionner un autre film dans lequel on voyait une voiture s'approchant d'un croisement de route. pour un groupe de sujet, le panneau à l'entrée du carrefour était un panneau STOP. Pour l'autre groupe, ce panneau, au même endroit et même moment dans le film, était un panneau "cédez le passage". Après avoir vu le film, Loftus posait la même question aux sujet des deux groupes : quelque soit le film qu'ils avaient vu, il devaient dire "ce qu'avait fait la voiture en arrivant au signal STOP". Une semaine plus tard, le deuxième groupe fut réinterroger, on leur demandait quelle était la signalisation du panneau à l'entrée du carrefour. Plus de la moitié des "témoins" du second groupe affirmèrent que le panneau qu'ils avaient vu dans le film était un panneau STOP, et non un "cédez le passage"! Dans le même genre d'expérience, Loftus demandait aux sujets, après visionnement d'un fim dans lequel on voyait une voiture rouler à un moment, sur une route de campagne : - 1er Groupe de sujets : "à quelle vitesse roulait la voiture, lorsqu'elle passa devant la grange, sur la route de campagne", - 2eme Groupe de sujets : "à quelle vitesse roulait la voiture, lorsqu'elle passa sur la route de campagne" Une semaine après, 17% des sujets du premier groupe se souvenait avoir vu une grange dans le film, contre 3% des sujets du deuxième groupe... Il n'y avait jamais eu de grange dans le film, bien entendu. Ce qu'il faut en conclure, c'est surtout que les souvenirs sont modifiables. Notamment, l'apport de nouvelles informations, obtenues par le langage, peut aisément perturber un souvenir. La manière de poser des questions, les mots choisis, contribuent à refaçonner les souvenirs. Notons que les enfants semblent plus sensibles à la suggestion (Bertone et al, 1995) Source : Leippe, M.R., Wells, G.L., Ostrom, T.M. (1978). Crime Seriousness as a Determinant of Accuracy in Eyewitness Identification. Journal of Applied Psychology, 63, 345- 351. Loftus, E. F., & Pickrell, J. E. (1995). The formation of false memories. Psychiatric Annals, 25, 720–725. |
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